Archives pour la catégorie Arts

« Le pélerin de la vie »

En parcourant les allées du petit parc Bayard, je n’y ai pas seulement croisé le célèbre Chevalier. En effet, un peu en retrait, j’ai rencontré un pèlerin. Il semble s’être posé là, à l’abri des regards, pour mieux se reposer ou peut-être pour cacher avec pudeur sa tristesse.

 

Qu’il semble las, triste et bien mal en « poing » !!! Dos vouté, doigts et orteils coupés, avant bras sectionné… Sa quête, si spirituelle soit-elle, semble lui valoir quelques désagréments…

Restent, comme maigres soutiens, son bâton et sa calebasse (regardez, c’est la petite gourde en haut du bâton!). Les seuls?

Peut-être pas tout-à-fait si l’on en juge par la présence de toutes ces créatures féminines qui l’entourent, comme surgies de ses rêves les plus intimes. (on se réconforte comme l’on peut)

Enfin, tout ceci n’est qu’une lecture personnelle, je m’égare…

Pour les fervents amateurs de connaissances, sachez qu’il est la traduction en marbre d’une sculpture en plâtre de Paul Roussel, exposée au salon de 1898. Devant être attribuée au musée de Bruxelles, qui ne put l’accueillir faute de place, elle fut, n’en déplaise à la ville d’Aix-les-Bains, finalement attribuée à Mézières en 1922. Enfin, si vous avez été surpris par la faute d’accent de mon titre , sachez qu’elle se retrouve curieusement dans tous les documents officiels du ministère de la culture (actes d’attribution, base de données du musée d’Orsay…). Alors, alors… Petit relâchement d’un fonctionnaire surmené ou réelle erreur qui a traversé plus de 100 ans de paperasserie?!? Réponse possible dans quelques jours car je dois me rendre à Paris et je vous promets un petit détour par les  Archives Nationales de Pierrefitte-sur-Seine.

Et comme la météo n’est pas joyeuse à Charleville-Mézières aujourd’hui, je terminerai sur ces mots:

« Pluie du matin n’arrête pas le pèlerin »!

 

Sables émouvants

Quand la nuit est tombée depuis longtemps, et que mes sables émouvants me poussent dehors, je roule au hasard des rues de la ville.

Les piétons sont rentrés, les stores sont baissés, seuls subsistent,  à cette heure, les gens « égarés ».

Je découvre alors ce que sont ces rectangles blancs tendus, qui, je le sentais, attendaient quelques projections…

Sables émouvants dans Arts img_3456-300x224

Petits théâtres d’ombres, installés pour le festival, vous nous rappelez que, dans quelques jours, mille destins seront tirés par des ficelles… On s’émerveillera devant ces vies inanimées, nos vies sont-elles plus animées?

Nos destins d’hommes sont  souvent reliés à des ficelles. Certains les ont confiés à quelques marionnettistes, d’autres ont trouvé eux mêmes des attaches qui sont devenues bien compliquées à dénouer:  les nœuds se sont formés à faire trop de mouvements, trop longtemps…

Mais me voici bien philosophique! Ne pensons pas aux problèmes des coulisses et regardons ce qu’on nous donne à voir. Que la part d’ombre reste au placard…

 

Rencontre…

Laissez-moi vous présenter quelqu’un qui, avant de venir s’installer (définitivement ?) à Charleville-Mézières, a parcouru un long voyage. Originaire de Rome où il naquit en 1924, il connut un grand succès au  salon des artistes français et fut primé l’année suivante par l’Académie des Beaux-Arts. J’ai nommé le grand (dans tous les sens du terme)…. David!

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Raymond Delamarre, sculpteur de David, voulait reproduire un jeune sportif, comme il en observait le long du Tibre à Rome. Ce fut finalement « un frondeur », acquis par la ville de Paris  qui en fit don à notre cité Carolomacérienne pour le stade du Petit Bois.

Pour aller à sa rencontre, ne comptez pas sur le hasard de vos flâneries… Lorsque j’ai cherché à retrouver David, je l’ai trouvé installé  (remisé?) dans le stade désertique et peu engageant du Petit Bois, au magnifique (mais oublié) portail Art-déco, entre la buvette et les tribunes!

« Frondeur, ne devrais-tu te rebeller contre ce manque de considération et d’entretien? »

Notre ville a-t-elle réellement conscience de cet atout artistique qui mériterait si ce n’est un fléchage touristique, au moins une pancarte explicative… Peut-être ne serais-je pas la seule  à être émue de pouvoir rencontrer une œuvre de Raymond Delamarre. Cet artiste mondialement reconnu est, entre autre, le père du Monument à la défense du Canal de Suez situé en Egypte, ou encore du bas-relief monumental ornant la salle à manger du paquebot Normandie. Mais il a aussi à son actif créatif de nombreuses sculptures visibles dans Paris (au sommet du Palais de Chaillot, au ministère de la justice, aux Invalides, …), et tant d’autres choses encore…

 La mise en valeur de notre patrimoine artistique n’augurerait-elle pas une plus grande attractivité touristique? Enfin, moi, ce que j’en dis…

Allez, je vous quitte sur ces quelques photographies prise lors de cette rencontre

 

 

L’art adoucit les moeurs…

Malgré ce grand beau soleil,  ce matin rien ne semblait vouloir se passer à merveille! Un réveil trop tardif qui a engendré un départ précipité pour un rendez-vous au lieu introuvable (encore plus si l’on oublie l’adresse à la maison!). Une recherche effrénée, passer et repasser aux mêmes endroits et… une panne d’essence s’annonçant dangereusement! Atteindre in extrémis une station… mais par le stress être plongée dans l’incapacité de déverrouiller le réservoir de ma voiture!

Me voilà donc bloquée (et en en bloquant d’autres) au soleil, dans les vapeurs de gasoil …

Une seule solution, pousser ce cri rauque qui encombre ma poitrine!

AAAAAAAhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh!!!

Voilà! ça va légèrement mieux. Je me résous donc à patienter calmement (humhum!) quand un de mes bambins de 8 ans prend ma clé et débloque en un clin d’oeil le réservoir! Vous en pensez quoi, vous? Oui, je me dis à peu près la même chose…

Il est encore temps pour moi de rejoindre le vernissage d’une exposition auquel je suis conviée, histoire d’effacer ces petits tracas et cette heure et demie perdue… pour rien!

Allez je vous emmène avec moi au musée Rimbaud où les travaux photos et les installations de Sylvie Tubiana nous mènent sur les pas de Rimbaud à Harar…

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Jolie plongée dans cet ailleurs, moment de rêverie et de voyage, qui s’offre à tous jusqu’au 29 septembre.

Quant à moi? Je vais mieux, merci!!

 

 

 

 

Le grand marionnettiste

Ils étaient nombreux, les badauds, devant le tableau de 15h00…

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Nous sommes le samedi 30 mars, de timides mais bien réels rayons ont fait sortir les Carolos et les touristes, et, en passant Place Churchill, j’ai été surprise du nombre de personnes qui regardaient les 2 ou 3 minutes d’animation du Grand Marionnettiste. Un succès qui perdure, passage obligé lors des promenades familiales, le grand automate (10 mètres de hauteur) a retrouvé l’éclat et l’énergie de sa jeunesse, qu’il avait peu-à-peu perdus tout au long de ses 23 ans d’existence (Quand je me compare à lui, mes 23 ans sont passés depuis …. enfin, bref! Et toujours pas de lifting ni de cure de remise en forme!)

Alors que chaque heure, il s’anime pour conter, côté rue, un passage de la célèbre légende des 4 fils Aymon, il offre aussi, côté musée, ses entrailles et livre ainsi les secrets de son fonctionnement. Vous pouvez même découvrir, gravés sur les flancs de ses douze tableaux, les noms des généreux donateurs, qui ont permis à Jacques Monestier de réaliser cette œuvre.

 

 

 

Sachez que j’ai tenté pour vous, à 16h00, de filmer un extrait pour mieux vous le faire découvrir, mais la qualité de la bande-son était si affreuse que j’ai eu honte de mes talents de camérawoman et  j’ai décidé de m’en tenir à des images fixes. Il vous faudra donc pour mieux l’apprécier venir le découvrir, peut-être à l’occasion du Festival Mondial des théâtres de marionnettes, qui se déroulera du 20 au 29 septembre 2013 dans notre belle cité ardennaise.

Et pour entendre la légende en entier, plutôt que de venir toutes les heures de 10h00 à 21h00, sachez qu’une présentation en continu à lieu chaque samedi à 21h15!

Un regard sur les Ardennes

Amis Flâneurs, bonjour à vous!

Mes pas vous emmènent aujourd’hui à la Vitrine Culturelle et Touristique du Conseil Général des Ardennes. Derrière cette appellation un peu longue se cache un lieu d’accueil sympathique à destination des touristes, mais pas que…

Combinaison réussie entre un office de tourisme départemental et une salle d’expo, je pousse régulièrement cette porte (enfin, j’appuie sur le bouton qui déclenche l’ouverture automatique) pour apprécier la présentation du moment, chercher quelques prospectus  touristiques ou encore feuilleter le Mag’ des Ardennes.

Ce que j’ai découvert aujourd’hui (enfin, soyons honnête, il est 5h00 du matin, c’était donc hier!) était tout à la fois: drôle, surprenant, inquiétant, joli…

Une sympathique exposition nommée: « Un regard sur les Ardennes »

Différents artistes nous présentent leur vision des Ardennes d’aujourd’hui et de celles d’hier, à travers des sculptures, des vidéos, des installations…

Un petit aperçu? Suivez le guide (il n’existerait pas au féminin ce terme?)

 

 

 

 

Voilà mon regard… sur leur regard!

Veuillez accepter mes interprétations comme étant purement personnelles… (Je ne voudrais pas me fâcher avec les artistes!)

Cette exposition présente bien trop d’œuvres pour que je ne puisse toutes vous les proposer. Il faudra donc, pour les plus proches, y faire un saut! C’est à Charleville-Mézières, place Ducale, jusqu’au 3 mars… (Venez vite!)

La basilique Notre Dame de L’Espérance

Comme promis à deux reprises, voici enfin une visite guidée de la Basilique. Même si je suis insatisfaite de mes clichés, je vais tenter de vous donner un aperçu de ce lieu magique et chargé d’Art et d’Histoire.

Vous êtes prêts? Prenez ce plan et rendez-vous aux endroits indiqués pour traverser 500 ans d’Histoire.

Vous n’êtes pas d’ici? Fermez les yeux (enfin, après avoir lu!), je vous emmène…

La basilique Notre Dame de L'Espérance dans Arts img159-300x290

Entrons par la façade Nord. En A, vous venez juste de pénétrer dans la Basilique. Observez cette plaque sur votre droite qui vous indique (certes, en latin) que la première pierre fut posée en 1499. A l’origine s’y trouvait une église et l’on construisit la Basilique « par-dessus » à la façon des poupées gigognes. Les fondations et deux colonnes ont été conservées, ce qui explique l’étroitesse de la nef et renforce l’impression de hauteur des voûtes.

Nous sommes au début des temps modernes, la barbarie du Moyen-Age a pris fin, Christophe Colomb a découvert l’Amérique et pourtant, au point B, sur l’une des nombreuses dalles funéraires réparties dans l’édifice, on peut voir des illustrations qui montrent que le passage entre deux époques est lent et  progressif.

Mais avançons dans le temps et la construction… 1570, la Basilique n’est pas achevée, pourtant c’est ici que Charles IX, Roi de France, et Elisabeth d’Autriche s’unissent. Une plaque, en latin, commémore cet évènement au point C. Deux jolis bénitiers en marbre noir sculpté, cadeaux du Roi pour la Basilique, attestent encore aujourd’hui de ce grand évènement qui eut lieu à Mézières. Sachez, pour l’anecdote, que le Roi, qui n’avait vu sa future épouse que sur un portrait, s’est déguisé en badaud et s’est joint à la foule qui accueillait la future Reine au Château de Sedan. Il s’en revint à Mézières ravi car sous le charme… Le Roi et la Reine entrèrent dans la Basilique par le portail sud (E), magnifique entrée de dentelle à laquelle un escalier majestueux fut ajouté bien plus tard (1856) .

Puis, ce fut une longue période de troubles pendant lesquels Mézières fut souvent le théâtre de bombardements et la Basilique au premier plan sur la scène: guerres de religion, Révolution française, guerres contre les Allemands de 1815, 1870, 1918 et 1944. L ‘église est de nombreuses fois ravagée et de nombreuses fois restaurée!

Elle porte bien son nom, Notre Dame de L’Espérance… 

Oubli ou volonté de commémoration? Vous pourrez, en tous cas, observer un trou d’obus dans la voûte (en D) et la pointe manquante du portail sud, pourtant restauré en 2009.

C’est sans doute grâce à ces destructions (curieux profit du malheur des hommes) que furent permises de jolies restaurations… Aurions-nous les jolis vitraux de Dürrbach si en 1944, à la sortie de la communion, l’église ne fut bombardée par les alliés?

Et c’est vrai qu’ils méritent leur réputation, ces vitraux qui sont l’attraction touristique première de la Basilique. Aucune description ne me semble possible, seule la confrontation de ses pensées, de son Moi  profond diraient certains philosophes, permet de les apprécier. Sachez qu’ils sont colorés, plein de symbolisme, abstraits et si nombreux qu’ils permettent d’illuminer la Basilique de mille couleurs… Et cette magie visuelle varie selon l’éclat du soleil ou l’heure de la journée, comme un spectacle toujours différent…

Quelques images maintenant, mais qui ne traduisent pas la beauté du lieu… Il faudra que j’y retourne, promis!

Je ne me suis pas attardée sur l’architecture intérieure de l’église qui est, pour les adeptes, un petit bijou d’art: escalier renaissance, voûte à 21 clés, statuaire des deux vierges (la Vierge Noire et la Vierge de l’Espérance), etc…

Il a fallu faire des choix, mais plus tard peut-être…

Le laboureur

Abandonnée involontairement par des amis Rémois qui sont bloqués par le verglas, je vais aujourd’hui  prendre le temps de vous narrer l’histoire plus détaillée de ce brave laboureur dont je vous ai parlé dans un article précédent.

Touchée par l’expression de fatigue et de courage émanant de ce personnage, émue par la fin dramatique de ses compagnons d’infortune, je me suis procuré un livre entièrement consacré à l’histoire du « défrichement » et je l’ai dévoré (le livre, pas le personnage!).

Par des mots simples et touchants et par des sources riches et précises, Jacky Dorido nous raconte, dans « le défrichement, destin d’une statue », l’histoire de cette composition de bronze qui, dès le début de son existence, n’eut pas un destin banal.

C’est ce destin que je vais vous raconter en quelques lignes, tout en vous invitant à lire l’ouvrage cité ci-dessus, et en découvrir les nombreuses photographies d’époque qui émeuvent plus que les mots encore…

Commandé en 1908 par la ville de Paris pour être placé devant le Ministère de l’Agriculture, sur le champ de Mars, un ensemble monumental composé d’un laboureur, de six boeufs et d’un bouvier  fut tout d’abord réalisé en plâtre. Deux ans plus tard, suite à l’inondation des locaux où ils sont entreposés, les bœufs sont abîmés; mais la fonte reste reste possible. Le groupe sera réalisé par deux fonderies différentes, la 1ère ayant fermé ses portes par manque de trésorerie. Après avoir été exposé au Salon des Artistes Français où il rencontra un vif succès, le Défrichement fut stocké dans les dépôts de la ville de Paris, qui ne sachant que faire de cet ensemble long de 18 mètres, l’y laissa dans l’oubli pendant presque 20 ans… Enfin, en 1930, lors d’une visite de ces lieux, Charles Boutet, Maire de Charleville remarqua cet ensemble statutaire et en demanda l’acquisition. Celle-ci sera acceptée pour la somme de 30 000 francs de l’époque. Installés en 1931 sur l’Ile du Vieux Moulin, le laboureur, le bouvier et leurs six bœufs seront enfin réunis dans l’effort de leur tâche à accomplir, labeur qu’ils réaliseront tranquillement jusqu’en 1942.

Malheureusement cette année-là, l’armée allemande décide la réquisition de l’ensemble en bronze et verse 381 000 francs au receveur de la Ville de Charleville. Grâce aux protestations du conseil municipal de l’époque, le laboureur et la charrue seront finalement épargnés.  Les photographies de l’enlèvement que j’ai pu découvrir dans le livre de M. Dorido sont réellement bouleversantes. L’instant dût l’être à un tel point que le conducteur du convoi prit des risques inimaginables pour cacher sous une bâche les deux plaques portant le nom de l’œuvre et de l’artiste. Une corne de bœuf put elle aussi être sauvée…

Unique survivant, le laboureur fut de nouveau stocké pendant 9 ans, puis réinstallé en 1951 sur l’Ile du  vieux Moulin, seul avec sa charrue …

Il résiste depuis au temps qui passe et aux bourrasques de vent , enfin épargné par l’Histoire et par les hommes qui l’écrivent.



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