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Archives pour la catégorie Epopées en d’autres contrées

On the road again…

Revenue par ici, quelques clichés de mes ailleurs…

Quelques images mais peu de mots…

Noyée par le boulot.

Ne cherchez pas de fil conducteur ni de logique

Vous connaissez désormais mes errances  hétéroclites…

Le Chemin de la Liberté

Chers amis flâneurs,

De retour de mon périple estival, je vais, une fois n’est pas coutume, partager avec vous l’un des endroits qui m’a touchée pendant ces quelques jours loin de Charleville. Gagnons donc les Pyrénées ariégeoises où j’ai pu arpenter de nombreux sentiers de randonnée.  Parmi eux, j’ai emprunté le chemin de la liberté, moi si enthousiasmée quand d’autres l’ont pris apeurés…

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J’ai suivi le chemin de ces hommes et de ces femmes qui, lors du second conflit mondial, voulaient rejoindre l’Espagne, quoi qu’il leur en coûte… J’ai mis mes pas dans leurs traces, j’ai laissé mes sentiments rejoindre les leurs… J’ai commencé à avoir froid. J’ai commencé à prendre peur…

 Quatre heures bientôt que l’on marche, ce deuxième jour. Etienne poursuit avec courage. Je suis fière de mon petit bonhomme. Il me parle  mais je me sens lasse et je n’arrive plus à me concentrer sur cette histoire qu’il me raconte…  Personne ne dit mot. Chacun avance dans un mutisme pesant, angoissant. Seul Etienne est intarissable. Le passeur le laisse faire. Le torrent couvre le flot de ses mots et je crois que personne ne l’entend.

Il ne voulait pas l’emmener, « pas un enfant! » m’avait-il dit, lorsque nous nous sommes présentés au lieu de rendez-vous. Mais quand j’ai commencé à les suivre, avec sa main dans la mienne pour décupler ma détermination, que pouvait-il me dire? Que pouvaient-ils tous faire qui ne nous aurait fait repérer par quelque patrouilleur ? J’ai laissé une vingtaine de mètres entre eux et nous et notre ascension a commencé…

Un taon se pose sur son dos, un de plus. Je le balaie, du bout des doigts, mais il s’échappe et se repose sur son épaule. Je tape cette fois du plat de la main. Un peu trop fort, je le sais bien. Une vague de colère  monte en moi. Qu’il s’en aille! Qu’il nous laisse en paix! Je me sens si impuissante… Ne pourrions-nous cesser d’être traqués? Ce taon cristallise toute ma haine, toute la violence qui nait de mon impuissance. C’est alors qu’Etienne me demande, avec son émerveillement indéfectible pour tout ce qui l’entoure:

« S’il nous pique, c’est qu’il a besoin de notre sang pour se nourrir? ».

Je m’entends lui répondre un vague « peut-être ». Je ne suis plus vraiment là… Alors,  avec l’innocence et l’amour des autres que je n’ai plus, il me dit:

« Il ne faut pas lui en vouloir, il est comme ça. Il est comme nous, il n’y peut rien ».

Le temps s’écoule lentement. Le temps n’existe plus. Le chemin s’est rétréci. Depuis quand Etienne marche devant moi? Je tremble à l’idée qu’un de ses pas, un peu plus fatigué, ne le jette dans ce versant abrupt que nous longeons. Je regarde mon petit, tellement si grand. Il marche. Il continue. Coûte que coûte…

Il marche et la spirale du temps me ramène soudain à ma réalité. Je m’aperçois que rien ne nous menace, nous marchons, nous sommes en 2013, et tant de choses, finalement insignifiantes, me font pourtant peur …

Le chemin de la liberté est une randonnée balisée de St Girons (Fr)  à Sort (Esp). Il faut compter 27 heures de marche, dans des conditions parfois très difficiles. Chaque été, en juillet est organisée une rando « commémorative » de 4 jours. A noter dans les agendas…

Une ardennaise en Périgord Noir

Chers lecteurs, chers blogueurs, chers amis,

De retour à Charleville-Mézières, me voici, comme à chaque fois, face à un dilemme: ne faire de ce blog qu’un espace carolomacérien ou partager avec vous mes errances en d’autres contrées…

J’ai décidé, tant pis pour la ligne que je m’étais fixée, de vous faire découvrir une part de mon voyage en d’autres lieux, mais sans doute devrais-je plutôt dire en d’autres temps…

En posant mes valises en Dordogne, j’étais loin de m’imaginer le voyage dans le passé qui s’offrirait à moi… Face à la richesse historique conservée,  je fus ballotée à travers les strates du temps pour un périple de la Préhistoire au XXème siècle. Ce voyage, digne d’une épopée de Jules Verne, me permit de faire deux magnifiques rencontres qui me marquèrent suffisamment pour qu’aujourd’hui je vous les livre. Elles se situent, en fait, aux deux extrémités de mon périple historique…

La première fut une rencontre avec un lieu…

J’avais décidé de commencer mes visites par la grotte de Lascaux, non par passion mais par « obligation culturelle », un peu comme on visite la Tour Eiffel en allant à Paris… Ce sentiment de « oui, bon, puisqu’il faut y aller… » me venait déjà par le fait de ne parcourir qu’un fac-similé et non la vraie grotte, mais également parce qu’il me semblait déjà tout connaître de ces peintures si souvent rencontrées dans mes livres d’Histoire: un cheval marron, un auroch noir, une bosse ici, un creux là… Je ne perdrais pas votre temps en descriptions qui n’apporteraient rien de plus à ce que vous en savez déjà, je ne peux que vous dire l’émotion que j’ai ressentie en parcourant ces quelques mètres d’une rare beauté, un saisissement devant la grandeur de ces peintures, la hauteur à laquelle elles furent réalisées, les couleurs lumineuses observées malgré la pénombre, leur enchevêtrement… Des questions m’envahirent, malgré cette boule dans ma poitrine. Comment? Et surtout pourquoi? Pourquoi, avant même d’avoir domestiqué les animaux, avoir d’avoir résolu des besoins plus primaires (comme l’habitat fixe), pourquoi se soucier de faire du Beau? Plans de chasse, croyances, occupations hivernales? Beaucoup d’hypothèses non vérifiables… Mais une seule évidence: ce qui s’offrait à mes yeux n ‘avait rien du hasard d’un dessin qu’on griffonne… Cette rencontre m’a émue. Aucune reproduction vue depuis ne me donne l’impression de montrer ce que j’ai eu la chance de découvrir…

Je sautais ensuite allégrement dans d’autres époques, avec plaisir et intérêt, jusqu’à ce dernier jour où je fis ma seconde belle rencontre…

Alors que je me dirigeais vers le château des Milandes, pour en découvrir son architecture Renaissance, j’étais loin de m’imaginer quelle femme allait se mettre en travers de ma route! Je découvris, dans ce petit coin du Périgord, l’extraordinaire destin de Joséphine Baker. Moi qui, par hasard, avait emmené pour livre de chevet « la couleur des sentiments » , je me trouvais face à une dame qui avait su fuir sa vie de servitude pour créer ailleurs joie et don de soi. Je ne connaissais d’elle que les plumes et la ceinture de bananes, j’ai parcouru les étapes de sa vie en parcourant les pièces de son château… Je vous invite, si vous étiez dans l’ignorance comme moi, à la découvrir à travers quelques rares biographies, puisqu’aucun cinéaste ne semble s’être penché pour l’instant sur son histoire…




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