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Jean Meslier ou « quand La Lumière vint des Ardennes… »

Chers amis bloggers,

Etes-vous, sans nul doute, un peu surpris de me trouver ici… C’est qu’une balade au marché du Livre Place Ducale, ce dimanche, m’a donné envie de vous présenter un illustre philosophe éclairé de notre cru: j’ai nommé le curé Meslier. 

Parce qu’il nous semble parfois impossible de sortir de la voie que l’on suit, parce que cela se fait souvent dans la difficulté et la douleur, il est bon de se rappeler, qu’en d’autres temps, assumer ses pensées et agir en accord avec elles étaient condamnables… Que la découverte de ce petit curé nous rappelle qu’il faut être fier de nos choix même s’ils vont à l’encontre du politiquement correct!

Jean Meslier donc…

Ce nom ne vous dit pas grand-chose, peut-être devrais-je l’associer à Voltaire pour que vous cerniez un peu le contour des idées qu’il  véhicula lors de ses prêches et dans son testament.

Mais laissez-moi vous le conter dans une courte biographie: Ardennais de pure souche, il naquit à Mazerny en 1664 pour ne quitter les Ardennes que par son décès en 1729 à Etrepigny.

C’est dans cette paroisse qu’il  fut curé  et qu’il put, lors de ses sermonts, s’insurger contre la suprématie financière et judiciaire des seigneurs  et défendre les misérables paysans. Il exposa ses idées dans son testament, dans lequel il révéla, par ailleurs, son athéisme profond, ayant investi cette voie pour satisfaire  la volonté de ses parents.

Il est donc considéré par beaucoup comme un précurseur des Lumières, révolté par les injustices et les classes sociales de  son siècle. Il fut sans doute parmi les premiers frémissements qui menèrent la France vers cette ébullition pré-révolutionnaire que fut le siècle des Lumières.

Il n’eut cependant pas  le courage d’exposer la teneur de ses idées de son vivant, seul contre tous…  Mais il enrichit, par son testament, les idées se développant dans les Salons parisiens par l’entre-mise de Voltaire qui diffusa ses écrits et, ainsi, sa pensée.

Bref… si ce curieux personnage, atypique en son temps, vous intéresse, sachez qu’un week-end lui sera prochainement consacré à Etrépigny, au cours duquel film, théâtre, conférence et balade commentée permettront de mieux le découvrir. Ce sera du 13 au 15 juin 2014… dans les Ardennes, bien évidemment!

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« Toutes les religions ne sont qu’erreurs, illusion et impostures…. que tous les grands de la terre, et tous les nobles fussent pendus avec des boyaux de prêtres. »

 

 

 

 

A 15 kms près…

Chers amis bloggeurs,

Après quelques jours de labeur qui m’ont tenue éloignée du clavier, je reviens ce soir vers vous pour vous présenter quelques liens étroits qui lient Charleville-Mézières et sa proche voisine: j’ai nommé la Belgique.

Le premier auquel vous pensez certainement (quoi, sous cette « douf », vous ne pensez pas?!?) est le lien géographique: appartenance au même massif montagneux, à cette même région qui fait qu’Ardennes belge, française et luxembourgeoise ont une seule identité, un sentiment d’appartenance à un même territoire, une volonté de développement commun.

Mais ici, dans la ville, deux autres manifestations concrètes et visuelles nous rappellent ce cher voisin qui attirent tant de nos compatriotes (en fait, pas tant que ça, faut pas croire les médias…).

Tout d’abord la présence du consulat, discret, en plein coeur de la ville; et cette imposante statue d’ Albert 1er, dans le square du même nom, en hommage à ce valeureux Roi qui s’engagea activement dans la première guerre mondiale et fut pour cela surnommé « le roi soldat » ou « roi chevalier ». Curieusement, il traversa ce dur conflit mais perdit la vie en 1934 dans la vallée de la Meuse en pratiquant sa passion, l’escalade, après avoir gravi de bien plus hauts sommets… (Comme quoi, il est de drôles de destins!!!)

Les Ardennais, Français et belges,  lui rendirent donc hommage à Mézières, en installant cette gigantesque statue de bronze, réalisée par le sculpteur Demanet en 1935. Mais que les fervents croyants ou les amateurs de surnaturel soient contentés, l’histoire ne s’arrête pas là…

Par-delà la mort, il résista une seconde fois aux Allemands lors du bombardement du pont de Mézières en 1944!  Couché au sol, le manteau percé par un éclat, il resta ainsi pendant 4 mois, jusqu’à ce que les Américains ne le relèvent et ne lui rendent sa place…

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« Roi Soldat » il fut pendant la Grande Guerre, « Roi Soldat » il resta quelques trente années plus tard…

Des vers offerts… aux piétinements!

Mais que se passe-t-il à Charleville? La ville n’aimerait-elle plus son cher poète, meilleur VRP touristique qu’elle ait trouvé jusqu’à présent.

A en juger par le manque de respect grandissant pour son œuvre, je le crains fort! Je m’explique…

 Voici qu’en attendant mon bus, je m’aperçois que je suis en train de fouler des mots sur le pavé.

Des vers offerts... aux piétinements! dans Je, tu, il... lustres personnages! img_0972-300x225

 Je passe ici régulièrement… jamais rien vu!  Ils n’ont tout de même pas été installés dans la nuit?!?

J’aime la surprise, ça fait du bien!  Je fouille mon esprit… Que font-ils là? Quel est leur sens? En même temps, quoi de plus naturel que de parler d’évasion et de route ici, puisque je me trouve au cœur du pôle intermodal (affreux terme, vous ne trouvez pas?).

Je regarde un peu plus loin et je vois une autre plaque, d’autres mots…

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Alors, là, mon cerveau commence à s’éclairer (il était temps, me direz-vous!).  Je reconnais un style, je perçois un état d’esprit… Vous aviez vous aussi fait le rapprochement: ce sont des extraits de l’œuvre de Rimbaud. Pour être tout à fait certaine, je parcours les autres plaques…

 

 

C’est donc cela? Un énième hommage, histoire d’enrichir le circuit dans la ville « sur les pas du poète ». Petite impression  de dalle funéraire tout de même

Je reste dubitative: après avoir décidé d’offrir à nos fessiers ses vers les plus célèbres (vous savez bien, les chaises-poèmes! Ah, vous êtes nouveau? jetez un petit coup d’œil dans le programme, sur votre droite ), nous voici autorisés à leur marcher dessus!

Allons bon, mon pauvre Arthur! Si vous vous attendiez à cela! Ah, et pendant que j’y suis:

Sachez qu’on n’est pas sérieux non plus, quand on a quarante ans (ou presque!)

Lettre à Arthur

Je me demande ce que vous penseriez, cher Arthur, si vous nous aviez vus là, attroupés devant votre buste… Nous parcourions hier, sur vos traces, Charleville, cette ville « supérieurement idiote entre toutes les petites villes de province ». Arrivés au square de la gare, je vous ai imaginé, à cet instant, vous riant de nous. Comme vous railliez à votre époque les Bourgeois venus, dans ce même lieu, écouter les orchestres militaires. C’est vrai Monsieur Rimbaud, nous sommes venus écouter vos vers, passant notre temps d’une façon que vous jugeriez futile, reproduisant la scène de votre poème A la musique

Le parallèle est drôle, c’est un joli pied-de-nez! Ce serait prétentieux de m’être trouvée débraillée, avec ma capuche et mon gros gilet de laine…

 Quel ironie que ces honneurs, je vous imagine révolté de nous voir là! Comme l’amour inconditionnel d’une mère à son enfant ingrat,  Charleville vous aime autant que vous la détestiez. Reproduisant l’étouffement de la Mère Rimb’, qui a sans doute ajouté à votre désir de fuite, Charleville vous retient entre ses murs en multipliant les hommages, les manifestations, les allusions. Vous avez voulu partir, il semble que vous ne restiez à jamais…

Je connais quelques-uns de vos poèmes, mais je connais mal l’Homme. Juste ce qu’on m’en dit… Je vous imagine rebelle, affranchi, révolté mais libéré. De ce genre de liberté que peu peuvent se permettre…

Vous auriez sans doute détesté nos rencontres conventionnelles autour de vos mots. Vous auriez haï que les murs de cette maison (sur le quai portant votre nom), qui n’étaient pour vous que prison, deviennent « lieu de culte ». Vous auriez ri de ce buste qui vous ressemble probablement à peine…

Ce buste… Cet honneur qu’on s’entête à vous offrir…

Réalisé de mémoire, par un sculpteur qui ne vous a rencontré qu’une fois, il fut inauguré en 1901. Fondu lors de la première guerre mondiale, il fut remplacé et replacé malgré l’hostilité et le tract « violent » mais juste des surréalistes de l’époque, Permettez! (Ce tract, une merveille, est à lire absolument! Non, ne poursuivez pas! Lisez-le, j’y tiens!). Réquisitionné et fondu une seconde fois au cours de la 2ème guerre mondiale, un troisième buste fut installé en 1957 à l’occasion du centenaire de la naissance du poète…

Vous n’êtes plus là pour lutter, Monsieur Rimbaud. Pardonnez notre égoïsme… Certains trouvent du plaisir en vos mots, d’autres y trouvent des intérêts plus… lucratifs.

Mais quelles qu’en soient les raisons, on vous aime…

Permettez?

Les Ardennais ont de l’humour, qu’on se le dise!!!!!

Aujourd’hui, plutôt que de vous présenter un lieu, je vais vous parler d’un trait de caractère des gens d’ici: l’humour.

Parce ce qu’il faut que vous sachiez que, quelque soit la gravité de la situation, quelque soit la météo, l’Ardennais est drôle…

 Non, je ne vous la ferais pas à la Duboscq bien que ce soit tentant… ni à la Dany Boon, bien que les chtis soient proches. Je vais simplement illustrer mon propos en vous présentant la dernière affiche de mon club de basket préféré: l’Etoile VS Lille.

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Ne sont-ils pas beaux nos sportifs qui, malgré un classement plus qu’inquiétant, restent jovials et ouverts à toutes les mascarades. Moi, le 12 février, pour mardi gras, je serai là! Mais pas en fée clochette, fini le conte de fée, (les comptes sont faits!), je serai Mère Fouettard, au cas où nous échappe la victoire !!!!!

C’est qu’il faut que je vous dise, (car j’imagine que vous ne suivez pas la saison de notre équipe locale), que si rien ne change, ON risque de redescendre en Nationale, alors que l’On vient juste d’accéder à la Pro B cette année!

Enfin, moi, je les aime bien et je trouve qu’ils ont raison de continuer à prendre du plaisir et à nous faire plaisir!  Alors justement, pour un petit plaisir supplémentaire (on s’amuse comme on peut!), une ancienne photographie prise lors du « match de Noël ». Regardez bien, je suis dans le public à droite…

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Non, deux rangs plus hauts!

C’est ça…

NB: (ça existe encore cette expression?) Pour les fidèles du blog, vous avez vu le nom de la salle sur l’affiche? Comme quoi… tout se tient!

Rendez-vous nocturne avec un chevalier

Peut-être le saviez-vous, mais parmi les quelques batailles en territoire français du Chevalier Bayard, il y eut Marignan (forcément!) et, dans un tout autre style,  Mézières!!!

Rendez-vous nocturne avec un chevalier dans Je, tu, il... lustres personnages! img_0647-225x300 

On le disait « sans peur et sans reproche », le Chevalier Bayard a excélé sur notre terre ardennaise dans l’Art de la guerre, mais d’une bien curieuse manière…

Sauvant une première fois la cité des mains de François 1er qui désirait la raser (et pratiquer ainsi la politique de la terre brulée), Bayard réunit hommes, argent, courage et détermination, et se prépara à résister à l’armée de Charles Quint, Empereur Romain Germanique. Ce n’est pourtant pas par les armes qu’il la repoussa, mais par l’esprit…

Fin stratège et sentant le siège de Mézières perdurer à son désavantage, il envoya un message pour demander du renfort au « Sanglier des Ardennes », Robert de La Marck, sachant bien que le messager serait intercepté par l’ennemi! Mézières était alors encerclée par deux armées de Charles Quint, celle de Nassau et celle de Sickingen. Dans sa missive, Bayard laissa croire à une trahison de la part du commandant Nassau. Interceptée comme prévu par Sickingen, la lettre fit l’effet d’une bombe, et craignant d’être inférieur aux forces en présence, Sickingen leva le camp. L’armée de Nassau, n’en connaissant les raisons, prit peur à son tour et partit elle aussi.

Ainsi fut sauvée la cité et fêté son Héros!

Mais cette défaite de l’armée prussienne influa le destin de Mézières qui devint dès lors une place forte dans la défense française.

Quant à Bayard, quelques 500 ans après, il poursuivit son combat dans notre cité contre les allemands. Sa statue, confisquée puis rendue lors du premier conflit mondial , fut de nouveau emmenée par l’ennemi pour être cette fois-ci fondue lors de la seconde guerre. Une copie fut, depuis, réalisée et replacée à Mézières dans le square qui porte son nom!

Bayard, chevalier sans peur et sans reproche, était-il réellement un homme plein de bravoure, de coeur et de dévouement? Son histoire ne s’est-elle pas peu-à-peu transformée en légende pour mieux répandre le patriotisme parmi les jeunes générations de Français. On a, de tous temps, créé ou encensé des personnages droits et courageux: Jeanne d’Arc, Du Guesclin ou tant d’autres… Qui de nos contemporains sera le prochain Héros, le Chevalier des temps modernes, que l’histoire retiendra?

 Les paris sont lancés…

Au commencement…

il y eut Charles…

L’élégant Charles de Gonzague…

Prince français par sa mère et italien par son père, Duc, en outre, de Rethel, il décida de construire une ville nouvelle en 1608 qu’il nomma « Charles-ville » . Mais n’aurais-je pas dû démarrer ce blog par là… Enfin, puisque l’erreur est pardonnable (et, je l’espère, pardonnée), me voilà pour la réparer.

Au commencement... dans Je, tu, il... lustres personnages! p1050105-225x300

N’est-il pas fier, sur son piédestal, ce personnage qui semble tout droit sorti d’un roman d’Alexandre Dumas. On le croirait Mousquetaire, mais il est…

« Eh bien justement! Taisez ces sottises qui m’agacent régulièrement les oreilles, et laissez-moi donc la parole! Je ne supporte plus ces comparaisons vexantes que l’on ose me jeter au visage, moi qui suis pris dans le bronze et ne peut me défendre. C’est que je ne suis pas un vulgaire garde du Roi! je ne suis pas un être sanguinaire chargé de protéger et de comploter! je suis Prince, Moi, Charles Ier de Mantoue, Duc de Nevers et de Rethel. J’ai du sang royal dans les veines et l’ambition d’un lion. » (euh… d’un sanglier qu’on dit par ici!)

C’est à ce moment-là que je me suis dit: un peu imbu de lui-même, le Grand Charles. Si je ne le coupe pas maintenant, j’en ai pour un moment, je crois! Mais, aurait-il vu mes lèvres s’entrouvrir? Toujours est-il qu’il ne me laisse dire un mot et reprend…

« Tous ces gueux,  ces badauds,  c’est grâce à moi s’ils se promènent aujourd’hui, insouciants, dans toutes mes rues, mes artères commerçantes qui n’ont qu’un but: les guider vers la plus jolie place de Mon siècle!  Oui, je n’ai pas peur des mots!  Je me suis entouré des meilleurs architectes, j’ai créé une ville aux couleurs chatoyantes d’ocre et de rouge, coiffée du bleu des ardoises.  Mais, alors que la guerre et surtout la protection de mon duché de Mantoue m’appelaient… »

Au secours! Je me sauve et vous entraîne avec moi. Elégant, fier,  impressionnant, mais bien trop bavard!

Arrivederci, Prince de Mantoue!




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