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Sur le froid de la pierre…

 Petite promenade du jour sur la tombe de notre plus célèbre poète Carolo…

J’en profite pour vous livrer un texte qui est sorti de mes entrailles un jour où j’étais assise sur le froid d’une autre pierre tombale…

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Sur le froid de la pierre, se laisser envahir par la chaleur nos moments

Je me laisse glisser à tes côtés…

juste tenter de te réchauffer…

Je n’aurais jamais cru que l’on soit séparés

Je sais, Je n’ai rien voulu voir changer.

        Paupières fermées, je glisse en d’autres temps

        Je te vois , silencieux , mon si discret diamant

        Je m’approche derrière toi, de mes bras  je t’entoure.

        Un baiser  remplace chaque mot d’amour.

Sur le froid de la pierre, mes yeux lisent ton nom

Ils se trompent, je le sais, je nie tout abandon

Qui peut croire que tu serais emprisonné ici

Toi si fort , toi si doux, tu es toute ma vie.

        Je parcours les allées, je m’enfuis en luttant

        Le vent chahute les branches de ces  arbres vivants.

        C’est si dur de n’avoir plus ton refuge hors du temps

        Tu étais mes racines, où es-tu maintenant ?

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Macaron sucré… Mascaron amer…

Macaron sucré... Mascaron amer... dans Lieux et petites histoires img_2416-224x300

quelque part Rue Bayard

Pourquoi cette grimace, toi qui les regardes passer ?

Ces trottoirs qu’ils arpentent leur permettent d’avancer.

Si certains ont le souffle court, si leur visage est défait,

C’est assurément pour,  un secret, bien garder.

N’essaie pas de savoir ni même de consoler !

Chacun d’eux a ses peines, ses espoirs, ses regrets.

 

Pourquoi faire cette moue, toi qui nous regardes passer ?

Notre tête est trop basse, nos mentons sont rentrés ?

Sais-tu que c’est par peur des autres affronter :

La solitude d’un être est un abri rêvé.

Il connait sa survie, il sait se protéger.

Sans doute trop meurtri, il préfère ignorer.

Quand il tend la main, une faute il commet.

 

Pourquoi faire cette tête, toi qui me regardes passer ?

Je ne suis pas différente dans tout ce défilé.

Si un instant je m’arrête pour prendre ce cliché

C’est que dans ton visage, je n’ai pas vu la paix.

Tu sembles triste pour l’éternité…

Qu’a-t-on bien pu te faire pour être ainsi figée ?

Sans doute aurais-tu dû savoir te protéger…

Un lieu, une histoire…

Un lieu, une histoire... dans Lieux et petites histoires img_20581-220x300

Parce qu’Arthur avait eu rendez-vous avec lui une fois par mois, ici, et qu’il n’avait jamais manqué un seul de leur rendez-vous, il décida d’attendre encore un peu. il était 13h43 et il faisait lourd. Peu de piétons circulaient dans cette partie de la rue du petit bois, alors qu’en amont, près de la Place Ducale, l’agitation était grande.

Lors de leur première rencontre, ils avaient choisi ce lieu, qui pourrait paraître singulier, parce qu’il était proche de chez Arthur tout en restant assez discret. Arthur avait cru comprendre qu’une motivation plus symbolique se cachait derrière ce choix, mais il n’avait pas encore abordé le sujet avec Pierre. Il savait qu’il devait être patient et ne pas précipiter les choses. Il se contentait donc, lorsqu’ils se rencontraient, d’aborder le présent, de ne parler que des choses anodines de son quotidien, de ne poser surtout aucune question. Malgré son jeune âge, il était d’une maturité étonnante, ce qui d’ailleurs était sans doute plus un poids qu’une chance. Au contraire de ses camarades, peu d’insouciance guidait  ses actions…

Il en était là de ses réflexions lorsque, après un rapide coup d’œil à sa montre, il compris que Pierre ne viendrait pas, tout comme le mois dernier, ou celui d’avant…

Puisqu’il ne pouvait le joindre, parce qu’il n’en avait le droit, Arthur avait laissé un de ces gobelets de jus de fruit que Pierre lui offrait à chaque moment partagé. Il avait tenté de lui laisser ce signe, au cas où un empêchement serait à l’origine de ce nouveau silence…

Aujourd’hui, Arthur prenait conscience que ce silence n’était tout simplement qu’un nouvel abandon.

Bouleversé, il reprit le chemin du foyer...

Voici le moi de mai où les mots volent au vent…

En ce 1er mai, jour de muguet, j’ai décidé de vous offrir un brin…

Je suis partie de bon matin pour une randonnée à « la Roche à sept heures ». Mais il était bien plus de sept heures, je n’ai donc pu voir cette roche sous son meilleur jour…
De muguet, je ne trouvai point! Mais en parcourant ce chemin couvert d’écailles d’ardoise et de pousses printanières, je me replongeai quelques années plus tôt. Voici le brin (de vie) que je vous offre, tel qu’il m’est apparu tout au long de ma balade…


Voici le moi de mai où les mots volent au vent... dans Autour de Charleville-Mézières p1070290-300x225

C’est le premier mai, des petites graines se sont trouvées…

S’interdire de croire en l’espoir,

Tant de fois, on s’est inventé d’histoires…

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Tout au long du chemin, des points de vue m'offrent un regard sur la boucle de Monthermé. Le gris argenté de la roche, le vert vif de la végétation qui s'éveille, les nuances de beige des dernières feuilles d'automne... un kaléidoscope de couleurs auquel manque la luminosité du soleil. Peu importe! l'essentiel n'est pas là, je poursuis ma rétrospective...

Des photos sur le mur, témoignages de bonheur.

Des larmes sur mes joues traduisent mes peurs.

L’enthousiasme de l’équipe, l’incroyable réussite,

L’espoir….

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Sur le parcours, une roche parmi tant d'autres, un jour presque comme les autres...

 

Quitter le cocon, retrouver la maison… frayeur!

Espérer un signe, vouloir l’aide divine… langueur.

C’est le 1er mai, demander un bouquet… douceur.

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Au bout d'une heure trente, contempler d'en bas la boucle parcourue est un vrai bonheur... avant de s'attabler, en bord de Meuse, devant une assiette ardennaise.



Attendre… immobile.

Espérer, ressentir, y croire… puis fléchir!

Une annonce positive, effroyable torpeur.

Je vis au rythme d’une fleur:

Chahutée par le vent, je ne bouge ni ne meurs.

Un premier mai, des petites graines se sont trouvées…

Huit ans après, deux mains dans mes mains m’ont accompagnée.

La légende de la pierre fendue

Si vous empruntez parfois la passerelle pour rejoindre le Mont Olympe, vous avez forcément aperçu la pierre fendue sur l’Ile du Vieux moulin.

Ne tardez pas trop dans ces parages… On dit que l’île est maudite!

La légende de la pierre fendue dans Lieux et petites histoires img_0285-225x300

Vous ne connaissez pas la légende? Il est vrai que  ce n’est pas une histoire qu’il est plaisant de colporter. On a encore peur voyez-vous de la malédiction… Il parait que le fait d’en parler amène les pires malheurs, non pas au colporteur, mais à ceux qui se trouvent sur l’île à ce moment-là. (Voyez ce qui est arrivé à notre cher laboureur à ce même endroit… Oui, je vous le dis! La « rafle des bœufs » est le fait d’un bavard!). Alors n’écoutez pas, je ne dirai rien, contentez-vous de me lire et de ne jamais répéter…

Il y a fort longtemps, à l’époque où la Meuse n’était pas encore domptée, où les alentours étaient vierges et dénudés, deux jeunes gens s’étaient épris l’un de l’autre (chabadada, chabadada). Voyant cela d’un mauvais œil, le père de la jeune fille décida d’éloigner cette dernière de ce jeune opportun. Il lui créa un lieu paradisiaque sur ses terres, en haut d’un Mont, l’Olympe, afin de l’isoler dans un lieu protégé et idyllique.  Mais c’était sous-estimer la volonté farouche de la jeune femme (Eh oui! Le combat féministe ne date pas d’hier!) qui réussit à s’échapper et à rejoindre son amant. Préférant la perdre à tout jamais plutôt que d’accepter ce mariage impossible (imposer le mariage pour tous était déjà compliqué à l’époque!), il implora le diable. Ce malin accepta de séparer à tout jamais les amoureux à la condition que le père ne lui offre l’Ile du vieux moulin.  Le marché fut vite conclu et, alors que les jeunes gens avaient réussi à franchir la Meuse, le Diable  déchaîna les éléments. Pris de peur, blottis l’un contre l’autre sur l’île, les amoureux s’enlacèrent pour un dernier baiser. C’est ainsi que, d’un geste, il les figea dans la pierre…  exécutant ainsi le vœu du père tout en lui en imposant la vue quotidienne et les remords qui allaient avec…

Regardez, ces corps dressés l’un face à l’autre. Le jeune homme à gauche, la jeune fille à droite semblent ne rien regretter de leur fuite, la tête relevée, fiers et amoureux.

Ah, je vous sens émus tout-à-coup… Mais n’oubliez pas que ce jour-là, l’ïle du Vieux Moulin en devenant leur sanctuaire devint aussi un territoire de conquêtes diaboliques...

Quoi, vous doutez de mon récit? Bon, mon imagination s’est peut-être un peu emportée, mais j’ai tellement cherché de renseignements sur cette pierre fendue, sans jamais en trouver, que j’ai eu envie d’y voir la source d’une légende… Si d’aventure vous n’aviez quelques infos, réelles celles-ci, je suis preneuse!

Avant la « Dame de Fer », il y eut la « Dame de Pierre »…

En me baladant promenade de Dülmen, je me suis arrêtée devant cette jolie dame pour la photographier.

Avant la

« -Allez-y, prenez votre temps, je ne bougerai pas . C’est que j’ai l’habitude… Vous n’êtes pas le premier passant à m’immortaliser dans votre appareil. D’ailleurs j’en ai connus qui avaient des appareils bien plus conséquents. Le vôtre est si petit que vous ne pourrez pas m’apercevoir sur votre photographie! »

Surprise qu’elle puisse me parler, je me ressaisis immédiatement pour profiter de ce moment rare…

« - Vous savez, la modernité développe des appareils de plus en plus petits mais bien plus performants que ces appareils imposants que vous avez dû connaître à l’époque de… Enfin, je ne saurai être grossière en évaluant votre âge, surtout aujourd’hui 8 mars, journée de la femme.

- Cela ne me gêne pas. Car j’ai compris depuis bien longtemps que je vieillis plus lentement que toutes ces personnes qui me regardent. Vous savez depuis toujours, je regarde la Meuse et ses débordements, je surveille d’un œil les passants qui, pour certains, m’ignorent, pour d’autres, m’admirent. D’ailleurs, je vais vous le dire et j’espère que vous le colporterez tant j’en suis fière, cela dure depuis presque un siècle! »

Sentant une fierté assumée, je m’empresse de répondre:

-Vous êtes effectivement fort jeune d’apparence et bien jolie! Cent ans déjà! Il est vrai que cette avenue (l’Avenue d’Arches) a été construite après-guerre, lorsque l’on a souhaité étendre Mézières hors de son enceinte fortifiée.

- Inutile de jouer les érudits devant moi, Madame! Je sais bien tout cela, étant aux premières loges de cet incroyable chantier qui fit pousser tous ces nombreux bâtiments. J’entends souvent les passants me comparer à d’autres mascarons, qui ne doivent pas être si loin, et que malheureusement, figée dans la pierre, je ne peux rencontrer… Il parait même que j’ai une jumelle sur le quai Roussel, de l’autre coté de l’avenue! Mais nous ne nous sommes jamais rencontrées…

- Oui c’est bien triste. Mais Laissez-moi quelques instants… »

Appareil au poing, je quitte temporairement ma gente dame de pierre, traverse l’Avenue d’Arches (bien encombrée à cette heure!) et découvre sur le bâtiment opposé le « mascaron jumeau »!

p10604381-225x300 avenue d'arches dans Maisons et Art'chitecture

Rebroussant chemin, et quelques minutes seulement après l’avoir quittée, je retrouve ce doux visage de pierre qui m’attend.

« -Voilà. Regardez…

quai-roussel-225x300 charleville mezieres

- Quelle ressemblance étonnante… Nous avons les mêmes traits, le même visage, c’est … troublant. Mais curieusement elle me semble… Comment dites-vous déjà dans votre époque? Ah, oui, liftée! Peut-être aurait-elle dû s’abstenir! Enfin… Et quelle propreté! Je suis réellement émue, si vous saviez, en cent ans , je n’avais jamais pu apercevoir cette sœur si proche de moi…Merci… »

Derrière ses yeux clos, je crus apercevoir ce qui semblait être des larmes. Je m’esquissais alors silencieusement, laissant ma belle dame vivre seule son émotion…




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